Tapez « panneau solaire Tiny House » dans un moteur de recherche : vous tomberez surtout sur des kits « 2 000 W ou « autonome ». La vraie question est ailleurs : combien consommez-vous chaque jour, et votre installation suivra-t-elle en plein hiver ?
Nous partons d’un profil de 2,36 kWh par jour, comparons trois ensembles panneaux + batterie, puis les testons à Brest, Lyon et Montpellier sur 19 ans de données solaires avec PVGIS, l’outil de simulation de la Commission européenne.
Vous verrez pourquoi une installation suffisante sur l’année peut atteindre son seuil bas de batterie en janvier, et comment dimensionner votre kit en conséquence.
Vous hésitez encore sur l’autonomie globale de votre projet ? Commencez par notre guide Tiny House autonome.
À retenir
- Partez de votre consommation quotidienne, pas d’un nombre de panneaux : notre scénario consomme 2,36 kWh/jour, hors chauffage et eau chaude électriques.
- Nous comparons 2, 4 et 6 panneaux de 460 Wc, soit 920 Wc, 1,84 kWc et 2,76 kWc.
- Les batteries LiFePO₄ associées offrent 2,16, 4,32 et 8,64 kWh utiles selon notre convention de calcul.
- Le lieu compte beaucoup : avec 4 panneaux et 4,8 kWh de stockage, la batterie atteint son seuil bas environ 5 % des jours à Montpellier, 13 % à Lyon et 21 % à Brest.
- L’hiver reste décisif : à Brest, même 6 panneaux et 9,6 kWh de batterie atteignent ce seuil lors d’environ 27 % des jours de janvier.
Avant de choisir vos panneaux, calculez vos besoins électriques
Commencez par vos kWh consommés chaque jour, pas par la puissance affichée d’un kit : ce sont vos usages qui déterminent l’énergie à produire et à stocker.
Les watts (W) indiquent la puissance appelée à un instant donné. Les wattheures (Wh) mesurent l’énergie consommée dans le temps. Un appareil de 100 W utilisé pendant 2 heures consomme ainsi 200 Wh, soit 0,2 kWh.
Pour vos propres appareils, relevez la puissance sur l’étiquette ou la notice. Pour un réfrigérateur, qui fonctionne par cycles, divisez plutôt la consommation annuelle indiquée sur son étiquette énergie par 365, ou mesurez-la avec une prise wattmètre.
Pour nos calculs, nous utilisons ce profil :
| Usage | Consommation par jour |
|---|---|
| Plaque à induction | 1 000 Wh |
| 2 ordinateurs | 480 Wh |
| Réfrigérateur | 295 Wh |
| Ventilation | 235 Wh |
| Téléphones, box et petits appareils | 200 Wh |
| Éclairage | 120 Wh |
| Pompe à eau | 30 Wh |
| Total | 2 360 Wh, soit 2,36 kWh/jour |
Ce total est un scénario de référence, pas une moyenne pour toutes les Tiny Houses. La plaque à induction représente à elle seule 42 % du total : vos besoins baissent nettement si vous cuisinez au gaz ou utilisez moins l’informatique, et augmentent si vous ajoutez d’autres appareils électriques.
Surtout, ces 2,36 kWh/jour n’incluent ni le chauffage ni l’eau chaude électriques. Le chauffage, en particulier, se concentre en hiver, précisément quand la production solaire baisse fortement : ajouter ces usages changerait tout le dimensionnement.
Si vous devez encore choisir votre mode de chauffage, consultez notre guide sur le chauffage d’une Tiny House.
Une fois ce besoin quotidien établi, reste à déterminer combien de panneaux peuvent le couvrir.
Quelle puissance solaire pour une Tiny House : 2, 4 ou 6 panneaux ?
Une fois votre consommation quotidienne estimée, vous pouvez dimensionner le champ photovoltaïque. Dans nos trois scénarios, nous utilisons un panneau de référence de 460 Wc : deux modules donnent 920 Wc, quatre 1,84 kWc et six 2,76 kWc.

Le watt-crête (Wc) correspond à la puissance délivrée dans des conditions de test standard : 1 000 W/m² d’ensoleillement et des cellules à 25 °C. Il permet de comparer les panneaux, mais 920 Wc ne signifient pas que vous produirez 920 W en permanence.
La production réelle varie avec l’ensoleillement, la saison, l’orientation, l’inclinaison et l’ombrage. C’est pourquoi nous testerons ces trois puissances avec PVGIS plus bas.
| Configuration | Puissance solaire | Surface brute des panneaux |
|---|---|---|
| 2 panneaux | 920 Wc | ≈ 4,08 m² |
| 4 panneaux | 1,84 kWc | ≈ 8,16 m² |
| 6 panneaux | 2,76 kWc | ≈ 12,25 m² |
Ces surfaces correspondent à notre module de référence de 1 800 × 1 134 mm. Il sert uniquement à rendre les calculs reproductibles : vous pouvez choisir un autre panneau, avec des dimensions et caractéristiques différentes.
Pour comparer rendement, garanties et technologies, consultez notre guide pour choisir ses panneaux solaires.
Sur une Tiny House, la toiture devient vite une contrainte. Six panneaux occupent déjà environ 12,3 m² avant même de prévoir espacements, rails, lanterneaux ou bords de toiture. Une pose au sol ou mixte peut donc être plus réaliste selon votre modèle.
Nos simulations utilisent des panneaux orientés plein sud et inclinés à 15°, comme sur une toiture peu pentue : ni l’un ni l’autre n’est garanti sur votre terrain, et 15° n’est pas un angle optimal universel.
Enfin, six modules représentent déjà près de 130 kg sans les fixations. Si votre Tiny House doit rester mobile, vérifiez aussi la charge disponible sur la remorque.
Quelle batterie prévoir pour une Tiny House ?
La batterie ne se choisit pas seulement en regardant sa capacité nominale. Ce qui compte pour votre usage quotidien, c’est surtout la quantité d’énergie que vous pouvez réellement utiliser.
Dans nos trois scénarios, nous retenons des batteries LiFePO₄ et une convention commune : 90 % de la capacité nominale est considérée comme utilisable. Ce taux sert uniquement à comparer les configurations avec la même règle.
Pour votre batterie, vérifiez la profondeur de décharge recommandée par le fabricant, c’est-à-dire la part de la capacité qu’il autorise à utiliser.
| Configuration | Batterie nominale | Capacité utile retenue |
|---|---|---|
| 2 panneaux | 2,4 kWh | 2,16 kWh |
| 4 panneaux | 4,8 kWh | 4,32 kWh |
| 6 panneaux | 9,6 kWh | 8,64 kWh |
Rapportées à notre consommation de 2,36 kWh/jour, ces capacités correspondent à environ 0,9, 1,8 et 3,7 jours de réserve.
Ces durées sont purement arithmétiques : elles supposent une batterie pleine et aucune production solaire pendant la période considérée. Elles ne prédisent donc pas combien de jours votre Tiny House restera réellement alimentée en hiver.
Une batterie stocke l’énergie, elle n’en produit pas. Augmenter sa capacité peut aider à franchir une période de faible production, mais ne compense pas une production hivernale durablement insuffisante.
Enfin, ne comparez pas directement ces valeurs avec une batterie au plomb : la part utilisable y est généralement bien plus faible, et le dimensionnement doit être refait à partir des caractéristiques de la batterie choisie.
Câblage et MPPT : pourquoi nous partons sur 48 V
Pour nos trois configurations, nous retenons une architecture 48 V. À puissance égale, une tension plus élevée réduit le courant qui circule côté batterie : cela facilite le dimensionnement des câbles et reste cohérent avec les batteries et régulateurs de nos scénarios.
Les panneaux sont ensuite assemblés en série et en parallèle. En série, les tensions s’additionnent ; en parallèle, ce sont les intensités.
Entre les panneaux et la batterie, le régulateur MPPT ajuste en permanence la tension des panneaux pour en tirer le maximum d’énergie. Sa référence résume ses principales limites : un 150/35 accepte jusqu’à 150 V côté panneaux et fournit jusqu’à 35 A de courant de charge.
| Configuration | Montage | Régulateur de référence (Victron SmartSolar) |
|---|---|---|
| 2 panneaux | 2S1P | 150/35 |
| 4 panneaux | 2S2P | 150/45 |
| 6 panneaux | 2S3P | 150/60 |
Ainsi, 2S3P signifie trois chaînes en parallèle, chacune composée de deux panneaux en série.
Le MPPT doit notamment supporter la tension à vide (Voc) des panneaux, qui augmente par temps froid. Avec notre module de référence, deux panneaux en série donnent 79,7 V à 25 °C et, avec le coefficient de −0,20 %/°C indiqué sur sa fiche technique, environ 86,9 V à −20 °C : bien sous les 150 V du régulateur. Refaites ce calcul avec la température minimale de votre région.
Pour deux panneaux, le 150/35 est un choix de marge : un 100/20 peut aussi convenir en 48 V, si toutes ses limites sont vérifiées.
Le montage 2S3P demande une vigilance supplémentaire. Avec un courant de court-circuit (Isc) de 14,73 A par chaîne, une chaîne en défaut peut recevoir le courant des deux autres, soit environ 29,5 A, alors que notre panneau accepte un fusible série maximal de 25 A.
La protection des chaînes doit donc être vérifiée. Ne recopiez jamais une section de câble ou un calibre de fusible standard : ils dépendent du matériel, des longueurs, des courants et des conditions réelles d’installation.
En hiver, assez sur l’année ne veut pas dire assez chaque jour
Le piège du solaire autonome est de raisonner uniquement sur l’année. À Brest, 920 Wc peuvent produire environ 985 kWh sur un an, alors que notre profil consomme environ 861 kWh/an. Le bilan annuel paraît donc positif.
Mais il ne dit pas quand cette énergie est disponible. Une production suffisante sur douze mois peut mal coïncider avec vos besoins en hiver.
C’est pour cette raison que nous avons simulé nos trois configurations avec batterie à Montpellier, Lyon et Brest, toujours pour une consommation de 2,36 kWh/jour.
| Configuration | Montpellier | Lyon | Brest |
|---|---|---|---|
| 920 Wc + 2,4 kWh | 37,58 % | 48,45 % | 56,42 % |
| 1,84 kWc + 4,8 kWh | 4,61 % | 13,04 % | 20,74 % |
| 2,76 kWc + 9,6 kWh | 0,04 % | 0,55 % | 4,22 % |
Méthode de simulation : résultats hors réseau obtenus avec PVGIS-SARAH3 sur la période 2005–2023, avec des panneaux plein sud inclinés à 15°, une consommation de 2,36 kWh/jour selon le profil horaire par défaut, et un seuil bas de batterie fixé à 10 %.
Ces pourcentages correspondent à f_e : la part des jours pendant lesquels la batterie atteint au moins une fois son seuil bas de 10 %. Un jour comptabilisé ne signifie donc pas que la Tiny House reste sans électricité pendant 24 heures.
L’écart entre les trois villes devient particulièrement visible en hiver.
Avec 1,84 kWc et 4,8 kWh de batterie, le seuil bas est atteint pendant 14,77 % des jours de décembre à Montpellier, contre 61,12 % à Lyon et 82,17 % à Brest.
Même notre configuration de 2,76 kWc et 9,6 kWh atteint encore ce seuil pendant 26,98 % des jours de janvier à Brest.
Brest constitue ici le cas le plus défavorable. PVGIS fournit aussi E_miss, l’énergie moyenne qui n’a pas pu être fournie lors des jours déficitaires.
Calculé à partir des résultats de la simulation, le manque d’énergie sur l’année passe d’environ 229 kWh avec 920 Wc + 2,4 kWh à 71 kWh avec 1,84 kWc + 4,8 kWh, puis à 12 kWh avec 2,76 kWc + 9,6 kWh. Les valeurs mensuelles de f_e montrent que ces difficultés se concentrent surtout en hiver.

Si votre situation ressemble au cas brestois, quatre leviers existent.
Réduisez certains usages en hiver, en décalant par exemple la cuisson à l’induction ou le travail sur ordinateur. Prévoyez une recharge d’appoint, par le secteur ou par une autre source adaptée : les kWh manquants calculés plus haut donnent l’ordre de grandeur à couvrir.
Augmentez la puissance solaire si la place le permet. En pose au sol, inclinez davantage les panneaux pour favoriser la production hivernale.
Comme nous l’avons vu avec la batterie, ajouter seulement du stockage ne suffit pas si les panneaux ne peuvent pas le recharger.
Kit panneau solaire Tiny House : lequel acheter et à quel prix ?
Ne choisissez pas votre kit à partir de son prix ou du nombre de panneaux affiché sur la fiche produit.
Estimez d’abord votre consommation, puis dimensionnez la puissance solaire et la batterie avant de chercher un ensemble qui correspond réellement à votre besoin.
Pour nos trois scénarios, voici les repères relevés le 29 septembre 2026 chez plusieurs vendeurs en ligne :
| Configuration | Budget matériel TTC |
|---|---|
| 920 Wc + 2,4 kWh | 1 900 à 2 700 € |
| 1,84 kWc + 4,8 kWh | 2 800 à 4 000 € |
| 2,76 kWc + 9,6 kWh | 3 900 à 5 000 € |
Ces fourchettes couvrent le matériel TTC, hors pose : panneaux, batterie LiFePO₄ 48 V, régulation solaire ou onduleur hybride, conversion en 230 V et protections principales. Elles restent des repères de marché, pas des devis.
Deux kits affichant la même puissance photovoltaïque peuvent coûter très différemment. Vérifiez ce qui est réellement fourni : fixations, câbles, connecteurs, protections, supervision, coffrets, mais aussi la capacité et les caractéristiques précises de la batterie.
Regardez également la puissance de l’onduleur. Les 2,36 kWh/jour de notre scénario décrivent une énergie consommée sur 24 heures ; ils ne disent pas quelle puissance vous appellerez à un instant donné.
Une plaque à induction utilisée pendant que deux ordinateurs et la pompe fonctionnent peut demander une puissance élevée.
Pour dimensionner l’onduleur, additionnez la puissance des appareils qui peuvent fonctionner en même temps, relevée sur leurs étiquettes, puis comparez-la à sa puissance continue.
Les appareils à moteur, comme la pompe ou le réfrigérateur, peuvent aussi demander un pic bref au démarrage, que l’onduleur doit pouvoir absorber : vérifiez sa puissance de pointe sur sa fiche technique.
L’objectif n’est donc pas de chercher le « meilleur kit solaire Tiny House », mais celui dont les caractéristiques correspondent à votre usage, votre batterie et votre installation.
Les 6 contrôles avant de commander
Avant de valider votre kit, vérifiez ces six points.
- Votre consommation quotidienne. Partez de vos usages réels en kWh/jour, pas d’un kit choisi au hasard.
- La surface disponible. Vérifiez que les panneaux tiennent réellement sur la toiture ou prévoyez une pose au sol ou mixte.
- La batterie utile. Comparez la capacité nominale, mais aussi la part utilisable selon les préconisations du fabricant.
- La compatibilité électrique. Contrôlez le Voc à la température minimale de votre région, l’Isc, les limites du MPPT et, avec plusieurs chaînes en parallèle, les protections de chaînes.
- La puissance de l’onduleur. Elle doit supporter les appareils susceptibles de fonctionner simultanément, ainsi que leurs éventuels pics de démarrage.
- Le contenu réel du kit. Câbles, connecteurs, protections, coffrets, fixations et supervision ne sont pas toujours inclus.
Enfin, testez votre configuration avec votre propre localisation dans PVGIS, le simulateur gratuit de la Commission européenne : choisissez le calcul hors réseau (« Off-grid ») pour simuler aussi votre batterie et vérifier son comportement en hiver.
Ces contrôles concernent votre installation solaire. Pour décider jusqu’où pousser l’autonomie globale, électricité, eau, usages et contraintes de mobilité : consultez notre guide Tiny House autonome.
Quel dimensionnement retenir pour votre Tiny House ?
Le bon dimensionnement dépend autant de votre climat que de la saison pendant laquelle vous occuperez votre Tiny House.
À Brest, même 2,76 kWc avec 9,6 kWh de batterie atteignent encore leur seuil bas plus d’un jour sur quatre en janvier.
Si vous vivez à l’année sous un climat comparable à Brest, visez la configuration la plus robuste de notre comparatif et prévoyez tout de même une solution d’appoint.
Si votre Tiny House est surtout occupée d’avril à septembre, une installation plus modeste peut suffire : avec 1,84 kWc et 4,8 kWh, la batterie atteint son seuil bas en moyenne moins d’une fois tous les deux ans à Lyon, et environ une fois tous les trois ans à Brest sur cette période.
Refaites donc le test avec vos consommations et votre localisation dans PVGIS.
Votre Tiny House sera-t-elle habitée toute l’année, ou surtout d’avril à septembre ?

Pierre Chatelot est rédacteur en chef de ConstructionDurable.net, média dédié à la construction écologique et à l’habitat bas carbone. Diplômé en Aménagement du Territoire (Paris 1 Sorbonne), il a travaillé plus de 10 ans dans l’immobilier et le logement social, notamment comme directeur du développement d’un promoteur (150 logements livrés).
Spécialiste des matériaux biosourcés, de l’habitat léger et des énergies renouvelables, il a publié plus de 100 articles, lus par 50 000 lecteurs.