Panneaux solaires et incendies : démêler le vrai du faux avec les chiffres 2025

Pierre Chatelot

Un million d’installations solaires raccordées en France fin 2024. Moins de 50 incendies confirmés sur l’ensemble du territoire. Et pourtant, la méfiance persiste.

D’où vient cette perception de danger, parfois amplifiée par quelques incidents médiatisés ?

A lire : Calculer la puissance solaire nécessaire pour sa maison : méthode et simulateur 2025

Et surtout : le risque est-il réel, maîtrisé ou largement surestimé ?

En 2025, alors que l’énergie photovoltaïque s’impose comme une réponse incontournable aux enjeux climatiques, la question de la sécurité des panneaux solaires devient centrale.

Pour les propriétaires en rénovation, les architectes ou les collectivités, comprendre ce qui cause un incendie, comment l’éviter, et ce que disent les chiffres officiels, n’est plus un luxe — c’est une nécessité.

Dans cet article, nous allons analyser objectivement les données des SDIS (services d’incendie), des assureurs (MAIF, AXA, Groupama) et des experts de terrain.

Nous mettrons en lumière les évolutions technologiques de ces cinq dernières années, les vraies causes de sinistre, et les innovations 2025 qui rendent les installations photovoltaïques plus sûres que jamais.

Oublions les idées reçues. Exminons les faits. Car une installation solaire bien conçue, c’est un logement plus autonome et, contrairement aux idées reçues, plus sécurisé.

À retenir

  • Moins de 0,01 % des installations solaires provoquent un incendie selon les données SDIS et base ARIA.
  • 99 % des sinistres recensés sont liés à des installations anciennes ou à une pose non conforme.
  • Les panneaux photovoltaïques causent 100 fois moins d’incendies domestiques que les cheminées, bougies ou cigarettes.
  • En 2025, la généralisation des optimiseurs de puissance, détecteurs d’arc électrique (AFCI) et dispositifs SafeDC™ réduit drastiquement les risques.
  • Assureurs et pompiers confirment : les systèmes solaires respectant les normes sont fiables et couverts sans surprime.
Infographie comparant les principales causes d’incendie domestique : cigarettes, cheminées, bougies, barbecues et panneaux solaires, avec moins de 50 cas par an liés au solaire
Infographie : comparatif des causes d’incendie domestique en France – panneaux solaires vs sources classiques

Les chiffres officiels – que disent vraiment les statistiques ?

Des chiffres qui parlent

En France, le nombre d’installations photovoltaïques a plus que doublé entre 2019 et 2024, passant de 450 000 à plus d’un million de systèmes raccordés au réseau.

Une croissance impressionnante qui accompagne la montée en puissance de l’autoconsommation solaire dans les projets de rénovation comme dans les constructions neuves.

Face à cette dynamique, certains s’inquiètent : plus d’installations signifie-t-il plus d’incendies ? La réponse est non, et les données officielles sont sans ambiguïté.

Les statistiques issues de la base ARIA (accidents industriels) et des rapports SDIS (services départementaux d’incendie et de secours) montrent que moins de 50 incendies sont directement attribués à des panneaux solaires photovoltaïques sur l’ensemble du territoire chaque année.

À titre de comparaison, la France enregistre environ 240 000 incendies domestiques chaque année.

La part imputable au solaire est donc inférieure à 0,01 %.

Cela signifie qu’en termes statistiques, le risque d’incendie lié à une installation photovoltaïque est 100 fois plus faible que celui causé par une cigarette mal éteinte ou un appareil de chauffage défectueux.

IndicateurDonnée 2024
Installations solaires en service1 000 000+
Incendies PV confirmés (base ARIA + SDIS)< 50 cas/an
Incendies domestiques totaux (France)≈ 240 000 cas/an
Part du solaire dans les incendies< 0,01 %

Ce très faible taux de sinistralité tient en grande partie à la montée en qualité des installations et à l’amélioration continue des protocoles de pose et de contrôle.


Incendie sur panneaux solaires : un vrai risque ?

Profil des incidents recensés

Quand incendie il y a, tous les panneaux solaires ne sont pas logés à la même enseigne. Une analyse fine des rapports d’intervention permet de dresser un profil type des sinistres recensés.

Près de 51 % des incendies liés au photovoltaïque concernent des bâtiments agricoles.

Ces structures accueillent souvent de grandes installations posées en toiture ou intégrées à des bâtiments anciens, parfois sans mise à jour des réseaux électriques ou des protections.

Autre point clé : 99 % des sinistres documentés impliquent des systèmes intégrés au bâti – une technique aujourd’hui abandonnée par la filière, car elle présente des risques accrus en cas de défaut d’étanchéité ou de surchauffe.

À l’inverse, les systèmes en surimposition (installés au-dessus de la couverture existante) sont nettement plus sûrs et représentent aujourd’hui l’écrasante majorité du parc résidentiel.

Enfin, il faut noter que 85 % des systèmes photovoltaïques actuellement en service sont des installations résidentielles modernes, posées dans le cadre de programmes d’autoconsommation ou de rénovation énergétique accompagnée.

Ces installations sont très peu concernées par les incidents d’origine électrique.

Causes réelles identifiées

Dans les rares cas d’incendie effectivement liés au photovoltaïque, les causes sont connues et bien documentées. Il ne s’agit pas d’un “défaut génétique” du panneau solaire, mais de facteurs périphériques évitables ou détectables.

La première cause recensée est le défaut de montage, notamment le non-respect des recommandations du fabricant, l’absence de mise à la terre, ou l’usage de connecteurs non compatibles.

Dans certains cas, les installateurs ont utilisé des câbles sous-dimensionnés ou mal isolés, provoquant une surchauffe progressive.

Les arcs électriques représentent une autre source de risque : ils peuvent survenir à cause du vieillissement des composants, de connecteurs mal verrouillés, ou de micro-fissures sur les cellules.

Ces arcs produisent une chaleur intense localisée, suffisante pour enflammer un matériau inflammable à proximité.

Enfin, certains sinistres proviennent de facteurs extérieurs : foudre, grêle, ou intervention humaine en phase de maintenance, comme une coupure de courant en pleine production, peuvent générer des points chauds si le système est mal protégé.

Autrement dit, la majorité des incendies sont liés à des défauts d’installation, de maintenance ou à des événements extrêmes, mais rarement à un défaut intrinsèque du panneau solaire lui-même.

Mise en perspective – panneaux solaires vs autres causes d’incendie

Comparaison chiffrée : barbecue, cigarette ou solaire ?

Quand un incendie survient dans une habitation, le panneau solaire est très rarement en cause.

Pour évaluer le niveau réel de risque, il est utile de comparer les chiffres avec ceux d’autres sources d’incendie domestique bien plus fréquentes, mais souvent banalisées.

Cause d’incendieIncendies estimés par an
Cigarettes mal éteintes5 000 à 6 000
Cheminées non ramonées3 000 à 4 000
Bougies, sapins, barbecues, jeux d’enfantsPlusieurs milliers
Panneaux solaires photovoltaïquesMoins de 50 cas confirmés¹

¹ Données croisées : base ARIA (Ministère de l’Écologie) + rapports SDIS 2015–2023

Ces chiffres montrent clairement que les incendies photovoltaïques représentent une infime partie des sinistres domestiques.

À l’échelle nationale, le risque est statistiquement négligeable en comparaison des causes plus classiques, qui n’empêchent pourtant ni les cheminées, ni les barbecues, ni les décorations de Noël d’être installés chaque année sans crainte.

Ce constat ne vise pas à minimiser les risques inhérents à l’électricité, mais à replacer la sécurité photovoltaïque dans un cadre rationnel. En d’autres termes : le solaire est beaucoup plus sûr que ce que laisse entendre l’imaginaire collectif.

Ce que disent les assureurs

Cette confiance relative des professionnels se retrouve dans les politiques des compagnies d’assurance.

Que l’on soit assuré chez AXA, Groupama ou MAIF, aucune surprime n’est appliquée en cas d’installation de panneaux solaires sur toiture, à condition qu’ils soient posés selon les normes en vigueur.

Les garanties classiques couvrent :

  • la responsabilité civile en cas de dommages à un tiers,
  • les dommages aux biens (maison, panneaux),
  • et les pertes d’exploitation éventuelles pour les professionnels.

Ce positionnement reflète un risque maîtrisé et bien connu des assureurs, qui considèrent les systèmes récents conformes et peu exposés, surtout lorsqu’ils sont accompagnés d’un certificat de conformité Consuel et installés par un professionnel RGE QualiPV.

Dans les rares cas de sinistre, les assureurs constatent majoritairement des défauts d’installation ou un mauvais entretien, non une défaillance intrinsèque du panneau photovoltaïque.

Benchmark européen

La France n’est pas un cas isolé. Une étude allemande menée en 2021 par le TÜV Rheinland montre que sur 1,4 million d’installations photovoltaïques, seules 124 ont été impliquées dans un incendie sur une période de plusieurs années.

Cela représente un taux de sinistralité inférieur à 1 pour 10 000, équivalent aux données françaises.

Ces résultats confirment que, dans un contexte réglementaire sérieux, les panneaux solaires ne constituent ni un foyer d’incendie significatif, ni un risque majeur pour les habitants.

La principale leçon de ce benchmark est que les risques sont maîtrisables et bien documentés, tant en Allemagne qu’en France, dès lors que les bonnes pratiques de conception, d’installation et de maintenance sont respectées.

Encadré : Idées reçues vs Réalité

Idée reçueRéalité vérifiée
Les panneaux attirent la foudreMême risque qu’une antenne TV, selon les SDIS
Un feu photovoltaïque est inextinguibleProcédures d’intervention standardisées depuis 2011
Le photovoltaïque brûle facilementÉtudes CEATech : émissions toxiques quasi nulles
Toutes les toitures sont à risque99 % des sinistres concernent d’anciens systèmes intégrés
Technicien effectuant une vérification de sécurité sur un panneau solaire à l’aide d’un détecteur d’arc AFCI, sur une toiture en tuiles en région méditerranéenne
Contrôle d’un panneau solaire avec détecteur d’arc électrique (AFCI) – installation en toiture en Provence

Évolution technologique – comment l’industrie a réagi

Nouvelles normes et pratiques 2025

Face aux craintes persistantes et à la montée en puissance de l’autoconsommation solaire, les pouvoirs publics ont renforcé le cadre réglementaire autour des installations photovoltaïques.

Depuis janvier 2025, la norme NF C15-100 impose des exigences précises pour les installations solaires domestiques, notamment l’interdiction formelle des branchements sur prises secteur, souvent utilisés dans les systèmes plug & play.

Cette évolution majeure vise à éliminer les connexions non sécurisées qui échappaient aux contrôles de conformité.

Infographie expliquant en français les risques liés aux panneaux solaires plug & play : branchement sur circuit inadapté, surcharge, absence de protection – niveaux de risque classés par couleur
Infographie : pourquoi les panneaux solaires plug & play peuvent présenter un risque d’incendie

Toute installation doit désormais être intégrée au tableau électrique avec protection dédiée, sous le contrôle d’un électricien qualifié.

En parallèle, les services d’incendie et de secours (SDIS) ont diffusé depuis 2011 des notes internes sur l’intervention en présence de panneaux solaires.

Ces documents ont été consolidés par la publication du Guide GDO (Gestion des dangers d’origine électrique) du ministère de l’Intérieur, qui définit les bonnes pratiques en matière de signalétique, d’accès pompier et de coupure d’urgence.

Les installations récentes doivent respecter plusieurs obligations matérielles :

Exigence réglementaireObjectif sécuritaire
Marquage visible des circuitsPermet aux pompiers d’identifier rapidement le danger
Accès toiture sécuriséFacilite l’intervention sans endommager le système
Pictogrammes normalisésAvertissent clairement de la présence de courant continu

Ces mesures sont aujourd’hui intégrées dans les cahiers des charges des installateurs certifiés RGE QualiPV, et conditionnent bien souvent les garanties d’assurance et l’obtention de certaines aides publiques.

Des composants plus fiables

Les progrès technologiques ne concernent pas uniquement les normes. Ils touchent aussi les composants eux-mêmes, aujourd’hui beaucoup plus résistants, sécurisés et durables qu’il y a dix ans.

Les connecteurs MC4, qui relient les modules entre eux, ont été entièrement repensés.

Les versions récentes sont autobloquantes, ignifugées et capables de résister à des hausses de température prolongées sans provoquer d’arc électrique.

Les boîtiers de jonction, longtemps pointés du doigt dans les rapports d’incendie, bénéficient désormais de protections thermiques, de résines anti-feu et de systèmes d’autotest.

Leur conception a été optimisée pour éviter tout point chaud en cas de surcharge ou de mauvais contact.

Quant aux câbles électriques, ils doivent désormais être thermorésistants, avec une gaine double isolée, conforme aux normes CEI 62930 et CEI 60364-7-712, spécifiques au photovoltaïque.

Ces câbles supportent des températures supérieures à 120 °C, évitant ainsi toute fusion accidentelle en cas d’exposition prolongée au soleil.

En améliorant la qualité et la fiabilité de chaque composant, l’industrie réduit considérablement les risques de court-circuit ou d’échauffement, principales causes d’incendie dans les systèmes anciens.

L’avis des experts sécurité

Les retours du terrain confirment l’efficacité des évolutions réglementaires et techniques.

Pour Nicolas Chaintreuil, chef de groupe au SDIS 73 et référent national sur la question, « la contribution des panneaux photovoltaïques aux incendies reste extrêmement faible, surtout depuis la généralisation des normes renforcées ».

Même constat du côté des consultants techniques.

Gérard Moine, expert reconnu en sécurité incendie et co-auteur de plusieurs guides de l’ADEME, insiste sur l’importance de travailler avec des installateurs formés et certifiés. Il rappelle que « 95 % des sinistres peuvent être évités en respectant simplement les bonnes pratiques d’installation ».

Ces experts s’accordent sur un point essentiel : les installations photovoltaïques modernes sont fiables, à condition d’être conçues, posées et entretenues par des professionnels qui maîtrisent les risques électriques spécifiques au courant continu.

Technologies 2025 – les innovations sécuritaires actuelles

Dispositifs de sécurité avancés

En 2025, les systèmes photovoltaïques ne se contentent plus de produire de l’énergie propre : ils intègrent désormais des technologies de sécurité conçues pour prévenir activement les incendies.

Trois dispositifs se généralisent dans les installations neuves.

Les optimiseurs de puissance (micro-onduleur), recommandés par les SDIS, permettent une déconnexion automatique module par module en cas de défaillance ou de déconnexion du circuit.

Contrairement à un onduleur centralisé, ce système réduit la tension dès l’apparition d’un défaut, limitant ainsi le risque d’arc électrique à la source.

Les détecteurs d’arc électrique, aussi appelés AFCI (Arc Fault Circuit Interrupters), identifient toute étincelle anormale dans le circuit continu.

En cas de détection, le système coupe instantanément l’alimentation, empêchant la montée en température du point de contact. Ce dispositif est déjà obligatoire sur de nombreux marchés anglo-saxons.

Enfin, certains fabricants proposent des systèmes propriétaires comme le SafeDC™, une technologie certifiée VDE et IEC, qui garantit une tension nulle au toucher dès que l’installation est mise hors service.

C’est une sécurité indispensable pour les pompiers en cas d’intervention, surtout en toiture.

Technologies intelligentes

Les installations les plus avancées intègrent aujourd’hui des outils de surveillance à distance et des algorithmes de détection embarqués grâce à l’intelligence artificielle (IA) et l’internet des objets (IoT).

Ces systèmes collectent en continu les données de température, de tension, de production ou encore de résistance ohmique, et sont capables de prédire les anomalies avant qu’elles ne génèrent un défaut électrique.

En cas de suspicion d’arc ou de surchauffe, l’installation déclenche une coupure préventive automatisée.

Du côté des matériaux, les premiers modules photovoltaïques en pérovskite apparaissent sur le marché. Moins énergivores à produire et plus efficaces en basse luminosité, ils permettent aussi une meilleure stabilité thermique.

Certains prototypes intègrent directement des capteurs d’arc et des fonctions de coupure intégrées à chaque cellule.

Ces innovations font entrer le solaire dans une nouvelle ère : celle des installations intelligentes et autonomes, capables de s’auto-surveiller, s’auto-protéger et s’auto-déconnecter en cas de risque.

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Coût et accessibilité des équipements

Contrairement aux idées reçues, ces technologies ne sont pas réservées aux grandes toitures industrielles. Elles sont désormais accessibles aux particuliers, à des tarifs compatibles avec un projet résidentiel standard.

Équipement de sécuritéCoût unitaire moyenDisponibilité
Optimiseur de puissance30 à 50 € par panneauPrésent dans la majorité des kits en 2025
Détecteur d’arc (AFCI)150 à 300 € par installationInclus dans les offres premium ou installable à part
Système SafeDC™Intégré dans les modules haut de gammeDéploiement progressif en Europe

Selon les professionnels, le surcoût lié à l’ajout de ces dispositifs reste inférieur à 10 % du budget total d’une installation résidentielle. Un installateur RGE témoigne :

« En moyenne, on reste sous les 800 € pour une maison standard. Ce n’est rien comparé à la sérénité que ça apporte au client… et à l’installateur. »

Les dispositifs peuvent aussi être éligibles à certaines aides régionales ou intégrés dans des contrats de maintenance étendus, notamment pour les entreprises ou les bâtiments publics.

Check-list sécurité 2025

Équipement ou démarcheStatut recommandé
Installateur certifié RGE QualiPVObligatoire
Attestation ConsuelObligatoire
Optimiseur ou micro-onduleur par panneauFortement recommandé
Détecteur d’arc (AFCI) intégréRecommandé
Inspection visuelle tous les 2 à 3 ansBonne pratique

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Maison en Provence équipée de panneaux photovoltaïques, frappée par un orage avec éclair visible, illustrant les zones à risque d’incendie par conditions climatiques extrêmes
Maison provençale avec panneaux solaires sous orage – illustration du risque climatique accru dans le Sud-Est

Où sont concentrés les risques ?

Des risques géographiquement localisés

Même si le risque d’incendie lié aux panneaux solaires reste extrêmement faible sur l’ensemble du territoire, certains facteurs climatiques et environnementaux peuvent augmenter la probabilité d’un incident.

Ces éléments ne remettent pas en cause la fiabilité des installations, mais justifient une vigilance accrue dans certaines régions.

Le quart Sud-Est de la France, incluant la région PACA, la Drôme et une partie de l’Occitanie, présente une combinaison de forte exposition solaire, de températures élevées en été, et d’orages violents susceptibles de déclencher des arcs électriques ou de provoquer des surtensions.

Ces phénomènes sont bien connus des installateurs locaux, qui adaptent souvent leurs choix de matériel (protection parafoudre, câblage renforcé) en conséquence.

Dans les territoires d’Outre-mer (DOM-TOM), le climat tropical introduit d’autres contraintes. Les installations solaires doivent y résister à une humidité constante, à des pluies acides, et à des événements cycloniques intenses pouvant endommager les structures ou les câblages.

Le risque de corrosion accélérée sur les connecteurs et les boîtiers de jonction y est plus élevé, en particulier en zones littorales.

Enfin, quel que soit le climat, les installations encore présentes en intégration au bâti (anciens systèmes posés dans les années 2000 à 2013) constituent un facteur aggravant.

Cette méthode, aujourd’hui abandonnée, est responsable de la quasi-totalité des sinistres recensés par les SDIS. Elle empêche une bonne ventilation et peut favoriser l’échauffement des composants.

Zone géographiqueFacteurs de risque identifiés
Sud-Est de la FranceFort ensoleillement, canicules, orages d’été
DOM-TOMHumidité, corrosion, vents cycloniques
Toitures anciennes (France entière)Intégration au bâti, défaut de ventilation

Ces données renforcent un constat déjà bien établi : les installations modernes bien conçues et bien ventilées restent sûres, y compris en zones sensibles, dès lors qu’elles respectent les normes électriques et qu’elles font l’objet d’une maintenance adaptée au climat local.

Ces contraintes climatiques n’invalident pas le solaire dans ces régions, mais justifient simplement des précautions supplémentaires lors de la conception.

FAQ : sécurité incendie et panneaux solaires

Les panneaux solaires peuvent-ils prendre feu ?

Oui, mais le risque est extrêmement faible. En France, moins de 0,01 % des installations photovoltaïques sont concernées par un incendie, selon les données croisées des SDIS et de la base ARIA. La plupart des cas recensés concernent des installations anciennes, mal posées ou non conformes.

Quelles sont les principales causes d’incendie liées au photovoltaïque ?

Les sinistres sont généralement dus à des défauts d’installation, comme un câblage sous-dimensionné, des connecteurs mal sertis, ou une absence de mise à la terre. Le vieillissement des composants ou des erreurs de maintenance peuvent aussi générer des arcs électriques, responsables d’une montée en température localisée.

Les pompiers peuvent-ils intervenir en toute sécurité sur une maison équipée ?

Oui. Depuis plus de dix ans, les SDIS disposent de procédures spécifiques pour intervenir en présence de panneaux photovoltaïques. Les normes actuelles, notamment le Guide GDO et la norme NF C15-100, imposent l’installation de dispositifs de coupure d’urgence, d’un marquage clair des circuits électriques et d’un accès toiture adapté.

Doit-on souscrire une assurance spéciale pour les panneaux solaires ?

Non. Les compagnies d’assurance comme AXA, Groupama ou la MAIF intègrent les panneaux solaires dans leurs contrats multirisques habitation classiques. À condition que l’installation soit conforme aux normes en vigueur et réalisée par un installateur certifié RGE, aucune surprime n’est imposée.

Quels équipements permettent de sécuriser une installation solaire ?

En 2025, les installations les plus fiables intègrent des optimiseurs de puissance, capables de couper individuellement chaque module en cas de défaut. Les détecteurs d’arc électrique, ou AFCI, assurent une coupure automatique en cas d’étincelle. Enfin, des technologies comme SafeDC garantissent une tension nulle accessible au toucher en cas d’arrêt d’urgence, ce qui facilite l’intervention des secours.

Existe-t-il des zones à risque accru en France ?

Certaines zones présentent des contraintes climatiques spécifiques. Le Sud-Est, par exemple, combine fort ensoleillement, orages violents et canicules, tandis que les DOM-TOM sont exposés à une humidité permanente, à la corrosion saline et aux vents cycloniques. Cependant, une installation bien conçue, ventilée et entretenue reste parfaitement fiable, même dans ces conditions.

Comment savoir si mon installation est conforme et sécurisée ?

Une installation photovoltaïque sûre doit être accompagnée d’une attestation Consuel, réalisée par un installateur certifié RGE QualiPV et équipée de dispositifs de sécurité reconnus. Une inspection visuelle tous les deux à trois ans permet aussi de prévenir tout début d’anomalie électrique.

Les panneaux solaires plug & play sont-ils sûrs ?

Les panneaux solaires plug & play se branchent directement sur une prise de courant, sans intervention d’un professionnel. Bien qu’ils soient séduisants pour leur simplicité, ces systèmes ne respectent pas toujours les prescriptions de la norme NF C15-100, qui interdit le raccordement via une prise standard en 2025. Ce type de branchement peut présenter des risques si le réseau électrique domestique est mal dimensionné ou si le matériel utilisé n’est pas certifié. Pour une sécurité maximale, il est recommandé de faire vérifier l’installation par un électricien agréé, voire d’opter pour une intégration au tableau électrique avec protection dédiée.

Tableau de synthèse : sécurité incendie et panneaux solaires en 2025

ÉlémentDonnées clés 2025
Incendies photovoltaïques< 50 cas/an pour plus d’un million d’installations (moins de 0,01 %)
Principales causesDéfaut de pose, arc électrique, connecteurs défectueux, vieillissement matériel
Zones à vigilance renforcéeSud-Est (orages), DOM-TOM (corrosion), anciennes intégrations au bâti
Normes en vigueurNF C15-100, attestation Consuel, Guide GDO V2
Équipements sécuritairesOptimiseur de puissance, AFCI, SafeDC™
Surcoût estimé+5 à 10 % du coût total de l’installation
AssurancePas de surprime si installation conforme, couverture standard (MAIF, AXA…)
Maintenance recommandéeInspection visuelle tous les 2 à 3 ans

Moins de 0,01 % d’incendies : pourquoi le solaire reste une option sûre en 2025

En 2025, les panneaux solaires photovoltaïques sont à la fois plus performants et plus sûrs que jamais. Les données des SDIS et des assureurs sont formelles : le risque d’incendie reste marginal, inférieur à 0,01 % des cas recensés.

Ce faible taux s’explique par une combinaison gagnante : normes renforcées, technologies de protection avancées et professionnalisation de la filière.

Les rares sinistres observés concernent presque exclusivement d’anciennes installations intégrées au bâti, aujourd’hui interdites.

Pour toutes les autres, le niveau de fiabilité est tel que ni les assureurs, ni les pompiers, ni les experts sécurité n’émettent d’alerte spécifique — au contraire, ils recommandent le solaire, à condition de respecter les règles de l’art.

Dans un contexte de flambée des prix de l’énergie et d’urgence climatique, renoncer au photovoltaïque par peur du feu serait une erreur d’appréciation.

Ce qui protège une maison, c’est moins l’absence d’équipement que la qualité de son installation et de sa maintenance.

Vous hésitez encore à passer au solaire ?

Découvrez dans notre prochain article les normes précises à respecter pour une installation solaire conforme, performante… et parfaitement sécurisée.

Photo de Pierre Chatelot, rédacteur en chef de ConstructionDurable.net, spécialiste en habitat écologique et matériaux biosourcés.

Pierre Chatelot est rédacteur en chef de ConstructionDurable.net, média dédié à la construction écologique et à l’habitat bas carbone. Diplômé en Aménagement du Territoire (Paris 1 Sorbonne), il a travaillé plus de 10 ans dans l’immobilier et le logement social, notamment comme directeur du développement d’un promoteur (150 logements livrés).

Spécialiste des matériaux biosourcés, de l’habitat léger et des énergies renouvelables, il a publié plus de 100 articles, lus par 50 000 lecteurs.

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